ssegwas Amegaz — Bonne année amazighe
Chaque mois de janvier, les peuples amazighs (berbères) célèbrent Yennayer, le nouvel an du calendrier agraire nord-africain.
C’est une fête ancienne, ancrée dans les cycles agricoles et solaires, symbole de renouveau, de fertilité et de mémoire collective.
Son origine remonte à plus de 2970 ans, bien avant notre ère, et reste aujourd’hui l’un des marqueurs culturels les plus forts du monde amazigh.



Carte de voeux e-card Jour de l’An 2970 13 janvier 2020
Une tradition renouvelée par le design
Depuis plusieurs années, je conçois des cartes de vœux amazighes pour célébrer cet événement à travers le numérique.
Ces créations — imprimées ou partagées en ligne — mêlent symboles ancestraux, formes géométriques kabyles, et typographies inspirées du Tifinagh.
Chaque carte est une manière de dire :
“Nous sommes toujours là, debout, vivants, et créatifs.”
Elles ont été réalisées pour des associations, médias et amis de la diaspora amazighe, mais aussi pour tous ceux qui souhaitent transmettre un message de paix et de continuité culturelle.
Entre tradition et modernité
Mes cartes sont pensées comme des ponts visuels :
- entre l’héritage berbère millénaire et le langage graphique contemporain,
- entre symboles rituels (ⵣ, losanges, motifs de tissage, couleurs primaires) et identité numérique,
- entre diaspora et territoire, passé et avenir.
La palette chromatique reprend les trois couleurs du drapeau amazigh :
- le bleu de la Méditerranée et du ciel,
- le vert des montagnes et de la terre,
- le jaune du désert et du soleil,
au centre desquelles brille le symbole ⵣ — yaz, signe de liberté.
Techniques de création
- Logiciels : Affinity Designer, Illustrator, Inkscape.
- Format : cartes numériques HD, e-cards, impressions haute définition.
- Typographies : Tifinagh stylisé (Tifin33), lettrages latins harmonisés.
- Public cible : associations culturelles, institutions, particuliers, médias.
Une démarche mémorielle
Créer ces cartes, c’est bien plus que faire du graphisme :
c’est réinscrire Yennayer dans la mémoire collective, en lui redonnant sa place dans le monde contemporain.
Elles s’inscrivent dans une continuité avec mes travaux sur Amazigh24.com, Kabyle.com et Tifin33 —
une même volonté : rendre visible ce qui a été effacé.
Ces cartes sont des ponts.
Entre graphisme et mémoire, entre territoire et diaspora,
entre le visible et ce qui a été oublié.
À propos de Yennayer
- Date fixe : 12 ou 13 janvier ou même le 14 janvier au Maroc (Jour férié) selon les régions. Le Jour de l’An amazigh, appelé Yennayer, marque le début du calendrier agraire nord-africain. Sa date correspond au 13 janvier du calendrier grégorien, considéré comme la date pivot entre les deux systèmes de mesure du temps.
- Année actuelle : 2975 (2025 du calendrier grégorien).
- Sens : fête du renouveau, du cycle des saisons, de la gratitude envers la terre.
Assegwas Amegaz !
Que cette nouvelle année soit un temps de paix, de transmission et de lumière.
Ces cartes de vœux amazighes sont autant de messages d’espérance et de continuité — des œuvres visuelles qui racontent un peuple, une langue et une histoir
Le 13 janvier est bien plus qu’une date : c’est un repère de mémoire entre le temps ancestral et le temps contemporain.
Un calendrier bien plus ancien qu’il n’y paraît
Le calendrier amazigh n’a pas été créé à l’époque contemporaine, mais retrouvé.
Il s’inscrit dans une mémoire agricole et cosmologique plurimillénaire, bien antérieure à la date fixée par les chercheurs kabyles (−950 av. J.-C. environ).
Les Amazighs observaient déjà les saisons, les étoiles et les cycles lunaires bien avant leur formalisation.
Certains indices linguistiques et symboliques laissent penser que les noms des mois et certaines figures bibliques renvoient à des racines très anciennes de l’Afrique du Nord pré-sémitique.
Parmi ces correspondances, on retrouve la mention du roi Cacnaq (ou Sheshonq Ier) dans la Bible (Livre des Rois, 1 R 14:25).
Ce souverain berbère de la XXIIᵉ dynastie pharaonique est souvent cité comme repère historique pour l’an 1 du calendrier amazigh.
Mais les croyances et pratiques agricoles amazighes, elles, remontent à bien avant cette époque.
Le repère officiel
La version modernisée du calendrier amazigh a été fixée par des intellectuels kabyles dans les années 1960–1970 (notamment Ammar Negadi),
en choisissant le couronnement du pharaon berbère Sheshonq Ier (Cacnaq), fondateur de la XXIIᵉ dynastie égyptienne,
comme année 1.
Cette date correspond à 950 av. J.-C., d’où le calcul :
2025 + 950 = 2975 (année amazighe actuelle).
Cette base symbolique a permis de réunifier un repère commun à travers toute la diaspora et les régions amazighophones.
Mais elle reste arbitraire : elle s’appuie sur un événement “historique” attesté, pas sur les fondations cosmiques ou agraires plus anciennes.
La cohérence historique et cosmologique
Si on veut parler d’un début “réel” du calendrier amazigh, il faudrait revenir à l’âge néolithique nord-africain,
lorsque les premiers peuples amazighs ont commencé à structurer les saisons, le travail de la terre et les cycles du soleil.
Les repères archéologiques et culturels
- Les gravures rupestres du Tassili n’Ajjer et du Sahara atlantique (–7000 à –4000 av. J.-C.) témoignent d’un rapport au temps agraire et céleste.
- Les sanctuaires mégalithiques de Siwa, Djerba, et Numidie indiquent des alignements solaires (solstices, équinoxes).
- Les premiers calendriers lunaires africains connus remontent à plus de 6000 ans avant J.-C. (calendrier de Nabta Playa, Haute Égypte nubienne).
Ces indices suggèrent que les Amazighs observaient et comptaient le temps bien avant l’écriture et les dynasties pharaoniques.
Proposition de date fondatrice symbolique
Si l’on voulait proposer une date “réelle” ou symboliquement juste pour l’origine du calendrier amazigh, ce suggérerais ceci :
vers –4000 av. J.-C.,
au moment où la civilisation proto-berbère du Néolithique nord-africain se sédentarise, pratique l’agriculture, élève du bétail, et relie le cycle solaire à la vie communautaire.
Ce serait cohérent à la fois :
- avec les bases agricoles et solaires de Yennayer,
- avec les traces linguistiques et culturelles les plus anciennes (proto-tamazight),
- et avec le cycle cosmique que symbolisent les signes amazighs.
Autrement dit, un calendrier amazigh cosmologique pourrait aujourd’hui compter environ 6000 à 7000 ans d’histoire continue.
Ce qui en ferait l’un des plus anciens calendriers encore vivants au monde.
Calcul du calendrier amazigh “cosmologique”
Pour l’année 2025 du calendrier grégorien
- 4000 (date néolithique probable du calendrier agraire) = 6025
En adoptant ce repère néolithique, nous serions aujourd’hui en 6025 de l’ère agraire et cosmologique amazighe —
un calendrier de la mémoire et de la terre, bien antérieur aux civilisations pharaoniques et méditerranéennes.
🌞 Assegwas 6025 n Tmazɣa (L’année 6025 de Tamazgha, le temps retrouvé.)

