





Une vue élargie aux différentes cultures amazighes d’Est en Ouest, de Siwa et du Delta du Nil Saïs, du Nord au Sud de Nador aux confins de l’Azawagh en pays touareg.
Entre Kabylie, Tunis et Lyon : un itinéraire de vie
Mon histoire est celle d’un trait d’union entre plusieurs mondes.
Tout commence avec mon grand-père paternel, originaire de la vallée de l’Oued Amizour, près de Bgayet (Béjaïa). À la fin des années 50, porté par le courage de l’exil, il quitte sa Kabylie natale pour s’installer en France.
Mais l’autre branche de mon arbre plonge ses racines en Normandie. Du côté de ma mère, des générations ancrées entre Avranches et Cerisy-la-Forêt, la Vendée, le pays de Retz, des hommes de loi et des teinturiers, un aïeul lointain de Coudray dont le sang noble se mêle au fil des siècles à une mémoire paysanne, ouvrière et bourgeoise, discrète et solide comme le bocage.
Pourtant, c’est à Pont Sainte-Maxence, Chantilly, Creil, Compiègne que mes propres souvenirs d’enfance se sont forgés. J’ai ensuite grandi dans la lumière de Tunis, une parenthèse méditerranéenne qui a durablement marqué ma sensibilité et mon identité.
Depuis 1990, c’est à Lyon que j’ai posé mes valises. Entre Rhône et Saône, je cultive cet héritage pluriel : les racines kabyles, les parfums de mon enfance tunisoise, la mémoire normande de ma mère, et la solidité de mon parcours en France. Un mélange de cultures qui fait ma richesse et mon regard sur le monde.
L’arpenteur de mémoires : entre les roches claires, les oliviers de Kabylie et les archives normandes
Ma construction identitaire est une archéologie. Je ne suis pas seulement un héritier, je suis le confluent de destins qui ont tous, à leur manière, lutté contre l’effacement.
Les gardiens du Savoir : l’héritage Villand
Dans mes veines coule le sang des Unelli, ces Vikings du Cotentin, mais aussi la rigueur des savants. Mon grand-oncle, Rémi Villand, archiviste de toute une région, a passé sa vie à sauver l’histoire de la Normandie de l’oubli. À ses côtés, mon arrière grand-mère institutrice et mon grand-père, chercheur au centre atomique, complétaient ce triangle de l’esprit.
De l’enfer des camps à la lumière Moinard
L’histoire de mon grand-père est celle d’une survie héroïque. Passé par les camps de travail, il n’en est pas ressorti brisé, mais bâtisseur. Inventeur de la lampe Moinard, la première lampe ininflammable, il a apporté la sécurité là où règne le danger. Ses mémoires, aujourd’hui déposées au Mémorial de Caen, font désormais partie du patrimoine de la Nation, et rejoignent l’œuvre de Rémi Villand, le frère de ma grand-mère maternelle, archiviste nomand.
La force de l’Exil : le bâtisseur kabyle
Cette solidité, je la retrouve chez mon père. Quittant la vallée de l’Oued Amizour (Bgayet) à la fin des années 50, il a apporté en France la fierté kabyle et la force de ses mains. Avec son certificat d’études et son labeur dans le bâtiment, il a construit physiquement ce pays que ses alliés normands documentaient.
La synthèse : de la rue Arthur Rimbaud Creil à Tunis jusqu’à Lyon
Mon enfance à Tunis a mis des couleurs sur ces racines normandes, vendéennes et kabyles. De la rescapée vendéenne de la Virée de Galerne à Legé jusqu’à mon installation à Lyon en 1990, mon parcours est une reconstruction permanente.
« Je suis le fils de l’archiviste et du maçon, du chercheur et de l’exilé. J’incarne ce lien sacré entre la trace écrite au Mémorial de Caen et la pierre posée sur les chantiers de France. Je suis une identité debout, réconciliée par l’histoire. »

