Tasdawit : une bibliothèque ouverte Omeka S Zotero, pour raconter les identités plurielles

Tasdawit Zotero Omeka S

Comment un projet d’ingénierie documentaire et de Système d’Information transforme la façon de collecter, valoriser et respecter les mémoires.

Comment un projet d’ingénierie documentaire et de Système d’Information transforme la façon de collecter, valoriser et respecter les mémoires.

Pourquoi ce projet existe

L’institution scolaire formalise souvent une histoire et une littérature linéaires. Pourtant, nos élèves portent en eux des identités plurielles, des mémoires familiales riches et des récits d’immigration ou de reconstruction qui n’apparaissent nulle part dans les manuels.

Tasdawit a pour ambition de documenter ces vies ordinaires et ces racines profondes. L’idée s’inspire directement de projets d’archives orales internationaux (StoryCorps aux États-Unis, la Human Library au Danemark). L’objectif est d’offrir une base de ressources bibliographiques ouverte où des mémoires du monde entier (Malgaches, Kabyles, etc.) deviennent des objets d’étude et des sources d’inspiration.

L’architecture technique : Omeka S et Zotero

Pour porter cette ambition, j’ai déployé une infrastructure solide, typique des Systèmes d’Information de Gestion (SIG) et de l’Ingénierie documentaire :

  • Omeka S (Back-office et publication) : Choisi pour sa robustesse, ce système de gestion de contenu de niveau universitaire permet de modéliser des données patrimoniales complexes et de lier les contenus entre eux (textes, vidéos, podcasts).
  • Zotero (Gestion des métadonnées) : Utilisé pour collecter, organiser et indexer proprement les ressources bibliographiques, articles et témoignages sous forme de flux structurés.
  • Le respect des standards du Web : Le projet s’appuie sur le moissonnage de données et l’utilisation de métadonnées standardisées (Dublin Core), des compétences directement transférables aux élèves de la filière STMG/SIG.

Une frontière stricte : RGPD et protection des mineurs

En tant que futur enseignant, la sécurité des données est ma priorité absolue. Il est primordial de séparer la plateforme publique Tasdawit (qui sert de modèle et d’inspiration) et les productions réelles des élèves (récits intimes, journaux, fichiers audio).

Pour des raisons évidentes de conformité RGPD, les créations des élèves sont hébergées exclusivement au sein de l’espace numérique sécurisé de l’établissement. Cet environnement garantit :

Un archivage durable et protégé..

Un contrôle total des droits d’accès (privé, semi-public ou restreint à la classe).

Une gouvernance des données gérée par l’école (aucune fuite vers des plateformes tierces).

Les ateliers numériques et documentaires

Les Ateliers Numériques & Documentaires

Voici comment ce dispositif s’articule concrètement à travers une progression pédagogique axée sur les compétences Info-Com, SIG et Arts Appliqués :

Atelier 1 : « Architecture de l’information et design de contenu »

Objectif : Explorer la plateforme, comprendre la structure d’une base de données et concevoir un support de restitution visuelle (UX/UI).

Méthode : Après analyse des récits sur Tasdawit, l’élève produit un récit court et le met en page sous forme de présentation visuelle interactive ou de flipbook, en appliquant des notions de design graphique.

Ancrage : Arts Appliqués (Design de communication), SIG (Traitement de l’information).

Atelier 2 : « Collecte de données et archives orales »

Objectif : Capter, traiter et documenter une source d’information primaire.

Méthode : L’élève prépare une grille d’entretien, enregistre un témoignage oral (parent, grand-parent, voisin) d’une heure, réalise sa transcription et l’indexation des métadonnées associées.

Ancrage : EMI / Professeur Documentaliste (Évaluation des sources, traitement médiatique), SIG (Gestion de l’information).

Atelier 3 : « gestionnaire de références et veille numérique »

Objectif : Maîtriser un outil professionnel de gestion de données (Zotero).

Méthode : L’élève explore la base ouverte, sélectionne les ressources en lien avec ses propres racines, les intègre dans son interface Zotero personnelle et produit une bibliographie commentée et annotée.

Ancrage : STMG/SIG (Bases de données et requêtes), Ingénierie documentaire (Indexation).

Articulation annuelle du projet (progression)

Septembre – Octobre : Découverte de l’écosystème Tasdawit, analyse de la structure des données de la plateforme.

Novembre – Décembre : Atelier 1 (Écriture, conception graphique et mise en page UI).

Janvier – Février : Atelier 2 (Collecte de terrain, captation audio/vidéo et indexation).

Mars – Avril : Atelier 3 (Modélisation de la bibliographie personnelle sous Zotero).

Mai – Juin : Restitution multi-supports et archivage sécurisé dans le SI de l’établissement (Conformité RGPD).

En conclusion

Tasdawit n’est pas un simple exercice de storytelling. C’est un Système d’Information ouvert, une ressource vivante conçue pour apprendre aux élèves à structurer la donnée, à respecter le droit à l’information et à valoriser la diversité des mémoires.

En associant l’ingénierie de plateformes comme Omeka S à la rigueur de Zotero, ce projet démontre ma capacité à piloter des dispositifs numériques complexes au service de la pédagogie par projet en STMG/SIG, en Arts Appliqués et en documentation.

Stéphane Arrami — Formateur, praticien, concepteur de systèmes d’information pédagogiques.


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