Éléments apportés à ma pratique, ce que je retiens de ce que j’ai vu et de ce que je veux mettre en avant.
Mon parcours est transversal : il traverse plusieurs champs (design, communication visuelle, numérique, pédagogie) sans s’enfermer dans une seule discipline. Plutôt que de chercher à gommer cette transversalité pour rentrer dans une case, j’ai choisi d’en faire un axe de positionnement : c’est précisément cette capacité à relier des champs différents qui constitue, à mes yeux, une compétence professionnelle à part entière, et qui trouve un écho direct dans les logiques de co-intervention et de co-enseignement aujourd’hui valorisées dans l’enseignement professionnel.
Ce que je veux mettre en avant
Une approche par le design comme méthode transversale
Le design – qu’il soit appliqué à un objet, à un espace ou à une communication graphique – repose sur une démarche commune : observer un besoin, esquisser des pistes, prototyper, tester, ajuster. Cette méthode dépasse largement le cadre des arts appliqués : elle s’applique aussi bien à la conception d’un support pédagogique, à l’organisation d’un projet de classe, qu’à la résolution d’un problème concret en lien avec un référentiel professionnel. C’est cette logique de démarche de projet que je souhaite mettre au service de mon enseignement, quel que soit le contexte disciplinaire.
La facilitation graphique comme outil pédagogique transversal
L’utilisation de l’écriture structurée, des pictogrammes, des cadres et connecteurs, et plus largement du sketchnoting, n’est pas réservée à une discipline : c’est un outil de clarification de la pensée qui peut servir n’importe quel enseignement. Je résume volontiers ma posture par cette formule : « le sketchnoting sans sucre visuel » — l’idée n’est pas de décorer, mais de rendre visible une structure, une hiérarchie d’idées, un raisonnement. Cet outil me semble particulièrement utile dans des contextes de co-intervention, où il peut constituer un langage commun entre deux enseignants de disciplines différentes.
Co-enseignement et co-intervention comme cadre de travail
Je conçois la co-intervention non comme une simple présence à deux dans une salle, mais comme un travail en quatre temps : une réflexion commune en amont, à partir d’une situation professionnelle concrète ; une organisation pédagogique partagée (rôles, supports, espace) ; une mise en œuvre où chacun reste attentif à l’autre et capable de s’ajuster sans se contredire devant les élèves ; et un bilan commun qui nourrit la séance suivante. Cette logique de co-construction, co-enseignement, co-animation, co-remédiation peut s’appliquer à n’importe quelle association de disciplines, et pas seulement à des couples « matière générale / matière professionnelle » classiques.
Sophropédagogie : travail sur les gestes et le souffle
J’intègre progressivement à ma pratique des éléments de sophropédagogie, centrés sur deux axes : le travail du souffle (respiration consciente avant une prise de parole, gestion du stress avant un oral ou une évaluation) et le travail de la gestuelle (posture, ancrage, occupation de l’espace). Ces outils, issus du champ des ressources corporelles et psychologiques, ne sont pas spécifiques à une discipline : ils concernent tout élève amené à prendre la parole, à présenter un projet, à passer un oral. Je les considère aussi comme une ressource pour ma propre pratique professionnelle, notamment dans la perspective d’un oral de concours.
Comment j’ai évolué dans la construction d’une progression
usqu’ici, je construisais mes progressions pédagogiques de façon assez intuitive, en m’appuyant sur des certifications de compétences. Les mises en situation m’ont donné un cadre concret en cinq étapes : séquencer à partir des compétences pro croisées avec celles des référentiels et des problématiques, monter la progression en la confrontant au calendrier réel, l’adapter aux rythmes des élèves, l’éprouver par l’échange avec d’autres groupes, puis en tirer un bilan.
Ce que je retiens surtout, c’est d’avoir enfin une méthode reproductible pour construire une progression, là où je procédais habituellement en me basant sur les référentiels des titres professionnels ou des diplômes du supérieur.
Mon prochain défi
Renforcer la sophrologie éducative pour structurer cette dimension de ma pratique et l’articuler plus formellement avec mon approche transversale par le design et la co-intervention.
